Image : Queer Portraits in History
 

Virginia Woolf est apparue dans le monde littéraire à une époque où bien peu de femmes bénéficiaient de la liberté matérielle qui rend possible la liberté intellectuelle.

Issue d’une famille aisée du quartier Kensington à Londres, elle perdit ses parents avant d’atteindre l’âge de 25 ans. Elle connut de graves dépressions dès son jeune âge, mal contre lequel elle lutta toute sa vie.

 

Elle signa des critiques, des essais, des nouvelles, des poèmes, des romans, c’était une écrivaine en tout. Elle apparut dans le monde littéraire au moment où encore bien peu de femmes y brillaient.

 

Son roman le plus connu, Mrs Dalloway, est publié en 1925 chez Hogarth Press, une maison d’édition qu’elle a créée avec son mari, geste de rébellion s’il en est un, pour le moins d’affranchissement. C’est que Virginia Woolf se sent à l’étroit dans un monde qui fait peu de place aux femmes. C’est alors le mouvement des suffragettes, qui lutte pour le droit de vote des femmes au Royaume-Uni, droit qu’elles obtiendront partiellement en 1918 — elles ne pourront voter qu’à partir de 30 ans — puis à l’égal des hommes en 1928. Il n’y a encore que peu d’espace pour les femmes sur le marché du travail, ce qui les condamne à la précarité et à la dépendance.

 

Une chambre à soi, (traduction de A Room of One’s Own), un essai qu’elle publie à la fin des années 1920, elle expose cette précarité « historique » des femmes qui les rend pratiquement invisibles dans la vie publique, particulièrement en littérature.

« Je pensais à la sécurité et à la prospérité d’un des sexes et à la pauvreté et à l’insécurité de l’autre », écrit-elle. C’est que si tout peut sembler possible pour les femmes, le chemin qui mène à la réussite demeure jonché d’obstacles.

 

Source : Article de Dominique Lebel

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